DESOLEE, PARDON, JE T'AIME, MERCI
Il m'est venu l'idée de glaner des phrases, des bribes de phrases, entendues, happées, au cours de mes déplacements à
pied, à vélo, des expressions prises sur le vif, en dépassant ou en étant moi-même dépassée (si, si, ça arrive...). Et ce n'est pas très gai, cela reflète l'état d'esprit des gens qui
emmènent leurs préoccupations sur leur lieu de détente. Je ne prendrai pas de précaution de langage pour vous en parler, on est bien d'accord ? Ames sensibles, abstenez-vous, ou mettez vos
lunettes roses ! On y va ?
"Le chef n'est pas là, j'en profite, tu penses ! Combien de farine tu mets ? et d'oeufs ? Cancer de la prostate.
Qu'est-ce qu'on bouffe ce soir ? Il m'a fait chier toute la journée...moi, personne me marche sur les pieds..Il est même pas foutu de chercher le gosse à l'école...J'crois qu'il en a une autre
(on ne saura jamais si c'est une voiture, la grippe, une femme, une lubie)...Elle est toujours malade, fume trop ! Mets ton pull (la mère a froid)...Ah ? T'obéis pas ? tu s'ras puni, on va pas
au mc do (on sait bien que le mc do est la rolls des récompenses)...Samedi, on part en république dominicaine, 3 mois sans vacances, ça commençait à m'les gonfler (j'vous laisse imaginer
quoi)...Ces cons de suisses ! on est les bougnoules chez eux (grâce aux suisses, cependant, leur niveau de vie est tout de même supérieur à celui de la moyenne française)...J'vends ma
caisse ! La robe est blanche avec une longue traine...Ce soir, grillades, j'ai acheté 3 kg de merguez et 4 caisses de bière...Faut que je fasse du régime (après les grillades, bien sûr)...Ma
boite va fermer...Il m'a même pas offert des fleurs, connard ! J'en peux plus, j'le supporte plus...Marathon de New-York, bientôt...J'rentre à l'hôpital début décembre, pour mon genou; -
attention, j'en connais qui y sont restés, le fils de Maurice, il en est mort ! J'lui ai demandé une pièce d'identité, au mec, un turc, il m'a insultée, mon patron n'a rien osé dire, s'est
fait tout petit"...
J'ai
pris l'habitude, (ça ne mange pas de pain, hi hi hi) de dire en moi-même, à chaque expression qui me "heurte" ces simples mots: "désolée, pardon, je vous aime, merci"...
Dimanche
dernier, alors que je marche depuis plusieurs heures sur les chaumes vosgiennes, avec un vent féroce pour seul compagnon, en passant devant une ferme-auberge, je suis prise dans un petit
groupe, deux jeunes familles, qui viennent de festoyer. De jeunes garçons entre 7 et 13 ans à peu près, se mettent très vite à se chamailler, se battre, se rouler dans l'herbe un peu
boueuse: le plus jeune pleure et va se plaindre auprès de sa mère: "tu l'connais, t'as qu'à le laisser tranquille". Celui qui semble être le père, s'en mêle et dit à l'ainé: "et qui va nettoyer
le jogging, hein ? c'est pê toi, espèce d'idiot ?Quand tu seras devenu intelligent, viens me voir...il est con, il est con, laissez-le"...Un jeune me bouscule au passage...je me demande souvent
si je ne serais pas invisible.. Très mal à l'aise, je prononce ma phrase magique...L'idiot, le con, lui, la casquette à l'envers, l'entrejambe du jean à hauteur des genoux, marche à mes
côtés et parle avec un autre jeune: "j'ai du fric sur mon compte, pas le droit d'y toucher, c'est comme si j'avais rien ! Ma grand-mère m'avait versé 500€, elle me les a repris...- ah bon,
mais pourquoi ? - PARCE QUE C'EST UNE PUTE !!!" Blessure de trahison...
C'est plus que je ne puis en supporter, je les laisse prendre de l'avance, et je change de trajet.
Désolée...
Vendredi:
j'accompagne ma fille à la mairie de ma commune avec mon petit-fils dans le landau. Nous prenons place et attendons notre tour. Dans le bureau droit devant, on semble s'énerver, la discussion
est houleuse entre l'employée et l'homme assis face à elle. Un deuxième homme, un grand costaud taillé comme une armoire à glace, genre David Douillet en méridional, chemise blanche, complet
noir et une pointure de chaussures qui doit bien dépasser le 47 de mon fils... Le portable à l'oreille, il répond "pronto" mais la suite n'est pas en italien. Il se promène à
travers les locaux comme moi dans mon appartement !
Le ton monte encore dans le bureau. L'homme, lui aussi en complet noir-chemise blanche, veut imposer à tout prix sa
vérité. Egalement un costaud. Je réalise que la Pleine Lune est toute proche..oh la la... Le ton monte encore d'un cran. Il est question d'un emplacement en terrain d'accueil...des gens du
voyage...ce sont des copains à Chicco, Jossé et Manolo qui m'ont tellement fait vibrer cet été...L'homme au portable, le chauffeur ou le bras droit de l'autre, nous dit quelques mots
incompréhensibles, semble s'excuser, pour nous rassurer. Désolée, pardon...Des menaces de mort sont proférées contre le gardien du terrain d'accueil s'il n'obtempère pas "et je n'ai qu'une
parole, je le bute"...
Je commence à repérer une porte de sortie, le couloir est étroit, le landau prend de la place. Un policier arrive,
dépêché sur les lieux. Il tente de calmer le jeu, mais la situation s'envenime, il est question de racisme à présent. La vie du policier est menacée également...Je sens mon énergie me quitter
rapidement, mon coeur bat la chamade.. L'homme se lève, crie; je me précipite en poussant le landau dans un bureau vitré, entrainant ma fille, et nous nous
enfermons, captant le regard approbateur de l'homme de loi. L'homme retire sa veste pour se battre.
Il est entrainé dehors manu militari...Le bébé dort à poings fermés, nullement dérangé par les vociférations de l'individu.
L'employé de mairie qui était resté prudemment ds son bureau nous rejoint. Nous apprenons que l'homme en question se
présente comme le président des tziganes de France. C'est le deuxième esclandre en huit jours. Mauvaise conduite sur l'aire d'accueil où il aurait "emprunté" des équipements électriques.
Désolée...
A présent, une question se pose à moi:
- depuis que je prononce plusieurs fois par jour la petite phrase magique et que je travaille à la
libération de mes programmes toxiques, je réalise que je me retrouve de plus en plus souvent dans des situations comme celles-ci, comme si la Vie me demandait de les traiter, de les "nettoyer"
en quelque sorte; jusqu'ici, je n'avais pê pas conscience de ces situations et je passais mon chemin, passivement.
Je
propose de vous y mettre, si vous ne le faites déjà, et d'observer les évènements dans votre vie: vous croisez un handicapé, un malade, un mendiant, des situations négatives de votre
passé reviennent à l'esprit, vous entendez des paroles blessantes happées "au vol", les thérapeutes eux-mêmes pourraient se demander pourquoi telle personne vient leur demander de
l'aide... Puisque je suis le miroir de l'autre et que l'autre, c'est moi...A nous toutes et tous, ensemble, travaillons à notre ascension et par là-même à celle de notre planète,
remontons nos énergies avec ce mantra de guérison, (o'hoponopono) très simple à retenir et exprimé avec la force du Coeur, avec Amour :
DESOLE(E), PARDON, JE T'AIME, MERCI
C'est si simple...et il fait des miracles !
Bien à vous, je vous aime,
domi 19.11.2010
Dans un couvent vivait un moine très simple et même très ignorant ; mais, chaque
jour, en lavant la vaisselle et en balayant - ce qui était son occupation quotidienne - il disait avec toute sa ferveur :
"Ô mon Dieu, lave mon âme comme je lave ces assiettes...
Nettoie mon coeur de ses impuretés comme je nettoie ce plancher."
En priant de cette manière pendant des années il devint si pur et illuminé, si saint, que tous les évêques et les cardinaux vinrent le voir pour le consulter,
parce qu'il était visité par le Saint Esprit.
Omraam Michaël Aïvanhov